dimanche 20 septembre 2009

Ylang Ylang Patchouli


Je vous propose une composition dans un style floral/boisé, avec un concept bi-matière : la fleur c'est l'ylang-ylang et le bois c'est le patchouli.

La formule :

Ylang Ylang III HE : 10
Acétate de benzyle@20% : 6
Salicylate de benzyle : 3
Lyral : 3
Dihydrojasmone@20% : 2
Bois de hô : 2
Methyl laitone@10% : 4
Patchouli HE : 5
Piconia : 4
Ethylène brassylate (aka musc T) : 6
Civette (reproduction) @5% : 1
Cumin HE@10% : 1

Quelques précisions sur la formule : Les indications de quantité peuvent être prises comme des gouttes ( Ylang Ylang III HE : 10 signifie 10 gouttes d'huile essentielle d'ylang ylang III). Après avoir composé le mélange, on ajoute 4 à 5 ml d'alcool à 90° de pharmacie pour avoir un échantillon prêt à utiliser. L'indication @20% signifie que la matière a été dilué selon le pourcentage indiqué dans de l'alcool à 90° de pharmacie.

Commentaires sur la composition :

Notes Ylang Ylang
L'huile essentielle III d'ylang ylang utilisée est une fraction « lourde » (et bon marché) de la distillation de la fleur, je l'ai donc complété avec de l'acétate de benzyle, naturellement présent dans les fractions plus légères d'HE d'ylang (ylang extra). L'acétate de benzyle a une odeur montante qui se situe entre le vernis à ongle et la liqueur de banane.
J'ai aussi ajouté du salicylate de benzyle (également présent naturellement dans l'HE d'ylang), qui fait parti de ces « notes solaires » qui évoquent la crème solaire et les fleurs exotiques (ou le sable chaud pour certains)

Notes florales complémentaires
Le Lyral, qui peut rappeler les fleurs de tilleul ou le muguet ; c'est synthétique, c'est tenace, c'est linéaire, c'est sans surprise.
Le dihydrojasmone : c'est plutôt une note florale verte, destinée ici à apporter un soupçon de verdeur à l'ensemble. En elle même, l'odeur de cette matière me rappelle celle du céleri en branche.
Le bois de hô : autant dire du linalool.

Notes patchouli
Bien sûr représenté par l'HE de patchouli, épaulée par du Piconia ( ou Isolongifolanone ), un bois synthétique qui a un caractère « patchoulesque » un poil ambré.

Notes complémentaires
Le methyl laitone, qui joue un rôle d'adoucissant, d'« arrondisseur » (un peu à la manière de la coumarine dans d'autres compositions) ; cette matière possède des facettes crémeuses, lactées, avec une petite odeur de noix de coco.
Les notes « sales » à dose homéopathique, pour relever un peu la sauce : le cumin et la civette.
Le rôle du musc est joué par l'éthylène brassylate (ou musc T).

La fragrance :

Il ne faut pas être rebuté par la sensualité florale, capiteuse, mais quelque peu animale (voire médicinale) du parfum de l'ylang ylang qui domine évidemment la composition. Le patchouli reste plus discret, mais il est tout de même présent. Je suis un peu déçu pour la tenue, je m'attendais à mieux : le parfum ne s'évanouit pas, mais il tombe un peu vite sur son fond boisé/musqué. A retravailler sans doute...


(Illustration : Miss Ylang Ylang (par Pierre Joubert), personnage de « méchante »,ennemie jurée de Bob Morane dans les romans d'Henri Vernes. Elle se distingue par le fort sillage d'ylang ylang qui l'accompagne.)

4 commentaires:

  1. Bonsoir Gnou,

    Pense tout simplement à ajouter si tu en possède de l'acool Phenyléthylique.Et juste pour le plasir de travailler sans filet: retire la methyl laitone et le musc T, qui sont des materiaux lourd et qui ont tendance à colmater les détails, tu pourras les ajouter + tard à juste dose. Petits conseils, mais sans faire la leçon, car je trouve génial tes essais et tes recherches+ commentaires.Il n'y a rien de plus personnel que la parfumerie, même si il existe quelques "règles" techniques de formulation, et que l'on n'est pas forcé de suivre!! C'est simple, non ???

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  2. Bonjour Céline

    Ajouter de l'alcool phényléthylique ? Cela va ajouter une facette rose : rose/ylang et rose/patchouli, ce sont des accords classiques, ça m'a l'air pas mal, je vais faire ça ! Et je vais aussi virer les lourdauds pour voir (plutôt pour sentir).

    Sinon pour les « règles » techniques de formulation, je me suis commandé un livre : Initiation à la formulation de parfums par René Laruelle, Éditions Ayrel ; tu connais cet ouvrage ? Je pense que ce livre pourra me donner un coup de pouce.

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  3. Bonjour Gnou,
    Non, je ne connais pas ce livre. Je vais me renseigner. Dans tous les cas, cela peut en effet te donner un coup de main et des idées.
    Quand à l'acool Phé. Il ne sent pas que la rose. Il est utile pour donner du lift et de l'ampleur. Mais c'est vrai que c'est un peu vieillot, car c'est une odeur que nous considérons aujourd'hui comme désuete, moins à la mode.L'idée du Cumin est très interressante ! Bonne continuation.

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  4. Merci pour ces précisions Céline !
    C'est vrai que l'alcool phenyléthylique rappelle un peu la vieille rose séchée de pot-pourri.

    Pour le bouquin, j'ai lu que c'était un recueil de TP utilisé à l'université de Montpellier (où il y a un cursus cosmeto-arôme-parfum). Cela lui donne une caution.

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