jeudi 31 décembre 2009

Le Parfum de l'Impératrice d'Orient (3ème partie)

4 - La manœuvre d’Irène

Par quel coup du sort le Prince Constantin, croyant choisir l’espiègle Chloé, la servante de l’apothicaire, se retrouvait fiancé à la douce Marie l’Arménienne ?

Plutôt que le sort, il faut y voir une manœuvre de sa mère, l’Impératrice Irène.

Jadis, lorsqu’elle était encore l’épouse de l’Empereur Léon IV, Irène était une jeune femme au caractère mesuré et aimable. Mais les années d’exercice du pouvoir l’avaient endurci : elle était devenue une redoutable femme politique, rusée, méfiante et manipulatrice. Etait-ce par goût du pouvoir et des honneurs, ou bien par sens du devoir sacré ; toujours est-il qu’Irène entendait bien conserver dans l’ombre les rênes de l’Empire lorsque son fils serait en age de gouverner. Tel un joueur de Shah Mat, elle calculait ses coups à l’avance et plaçait ses pions pour accomplir ses desseins.

Elle s’était résolu à organiser ce grand concours de beauté et de vertu après avoir échoué à obtenir la main de la fille du Roi franc Charlemagne pour son fils. Une occasion ratée d’une alliance entre les Empires d’Orient et d’Occident qui aurait peut-être changé la face du monde.

La manœuvre d’Irène était la suivante : lors de la phase des entretiens du grand concours, c’est elle qui sélectionnait les prétendantes et non Constantin, contrairement à ce qu’elle affirmait. Au travers des questions posées, elle retenait les prétendantes dotées d’un caractère faible et influençable, et éliminait celles chez qui elle décelait de l’ambition et de l’arrivisme.

Irène pensait qu’elle pourrait toujours tirer avantage à mettre dans le lit de son fils une femme influençable et manipulable, et que par ce moyen, elle garderai une emprise sur Constantin.

C’est donc la sélection d’Irène, et non celle de Constantin qui fut utilisée pour la deuxième phase du concours.

Toutefois, un élément qu’Irène ne pouvait prévoir l’avait aidé dans ses desseins : le parfum de l’Impératrice d’Orient. En effet, Constantin avait cru reconnaître la prétendante que son cœur avait élue grâce à ce parfum unique, mais en fait deux personnes différentes l’avaient successivement porté : Chloé lors des entretiens et Marie lors de la finale. On se souvient que Chloé avait confié le flacon de parfum à Marie avant de passer l’entretien. Or, les deux jeunes femmes ne se revirent pas par la suite ; Marie conserva le flacon. Poussée par la curiosité, la jeune arménienne ouvrit le flacon et fut envoûtée par la délicieuse fragrance qu’il contenait. Elle ne put résister à en déposer quelques gouttes à l’intérieur de ses poignets. On peut affirmer que ce charmant geste de coquetterie scella le destin de Marie d’Amnia.


Epilogue


Ainsi donc, le mariage de l’Empereur Constantin VI et de Marie d’Amnia fut célébré avec faste. Le couple impérial, par sa jeunesse et sa beauté était très populaire et admiré par les sujets de l’Empire. Mais cela n’était que la façade d’un édifice fissuré.

Constantin ne s’épris jamais de Marie, il avait rapidement compris la manœuvre de sa mère et délaissait son épouse. Pour l’infortunée Marie, le Palais Impérial était vite devenu une prison dorée où elle vivait solitaire malgré la cour et les honneurs. Elle mesurait avec amertume combien son rêve réalisé de mariage princier n’était qu’en fait un cruel mirage. Mais elle ignorait que ses malheurs étaient loin d’être terminés.

Quelques années plus tard, l’Empereur Constantin VI tomba éperdument amoureux d’une demoiselle d’honneur de sa mère, une magnifique jeune femme nommée Théodote. Pour pouvoir vivre cette passion amoureuse au grand jour, Constantin se résolu à se débarrasser de son épouse Marie. La pauvre Marie fut, de manière mensongère, accusée de complot contre l’Empereur, et d’avoir tenter de l’empoisonner. Elle fut répudiée, chassée du palais et cloîtrée dans un couvent éloigné jusqu’à la fin de ses jours.

Mais l’Empereur avait mal mesuré la popularité de son épouse, réputée pour sa douceur et sa sagesse. Le mensonge était sans doute trop gros, et une majorité des sujets de l’empire n’y cru point. La popularité de Constantin IV en fut ébranlée.

Quelques temps après, le mariage de Constantin VI et de Théodote fut célébré à Constantinople. Cette fois-ci, ce sont les puissants théologiens byzantins qui crièrent au scandale : les liens sacrés du mariage entre Constantin et Marie étaient nullement caducs et l’Empereur s’en trouvait bigame, un péché mortel selon l’orthodoxie en vigueur. Dieu continuerait-il d’accorder ses bienfaits et sa protection à un Empire dont le souverain lui-même vivait en situation de péché mortel ? Ce type de rhétorique catastrophiste fut largement diffusé par l’intermédiaire des moines dont l’influence était importante dans l’Empire. Le crédit et la popularité de Constantin VI dans le peuple et dans les institutions furent rapidement réduits à néant, et des tentatives de répression contre les monastères ne firent qu’aggraver les choses.

La fin du règne de Constantin VI était proche. Un complot le renversa et mis sur le trône impérial… sa mère Irène.

Mais que devint la jeune Chloé ?

Il se raconte que son maître Hypatios l’apothicaire la pris comme disciple et lui enseigna ses secrets de parfums et de fards. Les mois passèrent et Chloé tomba amoureuse d’Alexis, un beau jeune homme fort convoité, car il était le fils unique de l’un des plus riche marchand et armateur de Constantinople. Initiée aux secrets de beauté et de parfums, Chloé n’eut aucun mal à séduire le bel Alexis. Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup de beaux et joyeux enfants.

FIN

Bonne et joyeuse année 2010 !

mardi 29 décembre 2009

Le parfum de l'Impératrice d'Orient (2éme partie)

Conte byzantin et parfumé

2 – Au Palais Impérial

Le palais impérial de Constantinople était une véritable cité dans la cité. On prétendait que plus de 5000 personnes s’y affairaient jours et nuits : des cohortes de fonctionnaires, des militaires de tous grades, des ecclésiastiques en robe de soie, sans compter les courtisans et les innombrables serviteurs et servantes.

Ce qu’Hypatios et Chloé avaient oublié, c’est que ce jour-là, l’événement au palais était la finale du grand concours de sélection de la future impératrice. Les jeunes femmes choisies aux quatre coins de l’Empire étaient attendues au palais ce jour même.

Aussi, lorsque Chloé se présenta aux portes du palais, les rouages de l’administration byzantine cafouillèrent quelque peu. Voyant arriver cette belle jeune femme richement vêtue et parfumée, les différents fonctionnaires chargés de la garde, de l’accueil et de l’orientation des visiteurs firent la confusion : cette jeune femme est sans nul doute une prétendante au concours impérial. Sans qu’elle fût questionnée, Chloé se vit accompagnée et guidée à travers de longs couloirs jusqu’à un magnifique salon orné de spectaculaires mosaïques où patientaient une vingtaine de jeunes filles toutes plus belles les unes que les autres.

Chloé aborda une jeune femme au joli visage enfantin et à l’allure timide : « Bonjour, tu es ici pour une livraison ? »

La jeune femme sembla déstabilisée et protesta d’une voix mal assurée : « Mais non, tout comme vous, je viens participer au concours de sélection d’une épouse pour le Prince Constantin ! Je me nomme Marie d’Amnia, je suis la petite fille de Philarètre, le pieux marchand arménien. J’ai fait un long voyage pour tenter ma chance aujourd’hui ».

Chloé compris enfin la méprise. Dans un premier temps, elle voulu signaler cette erreur aux quelques fonctionnaires présents, mais elle se ravisa.

Comme toutes les filles de son age, Chloé rêvait d’un beau prince et d’un riche mariage ; concourir pour devenir l’épouse du prince de Byzance, la belle aventure ! D’autant plus qu’avec sa belle robe, son maquillage et son fabuleux parfum, sa confiance dans ses capacités de séduction était décuplée.

Alors que Chloé se laissait aller à la rêverie, une préceptrice supérieure des appartements impériaux entra dans le salon et pris la parole.

« Mes nobles demoiselles, soyez les bienvenues au Palais Impérial ! Je vais à présent vous exposer le déroulement du grand concours impérial pour lequel vous avez été sélectionnées.

Ce concours se déroulera en deux phases.

La première phase aura lieu aujourd’hui. Elle consiste en un entretien individuel avec l’Impératrice Irène et le Prince Constantin. Cet entretien a pour but d’évaluer si votre culture, vos idées religieuses et politiques, votre conception générale des choses sont dignes d’une épouse impériale.

Cependant, durant cet entretien, le jeune Prince Constantin ne devra pas être influencé par vos charmes et vos atouts physiques. C’est pour cela que l’on vous couvrira d’une longue cape qui masquera vos formes, d’un grand foulard qui cachera votre chevelure et d’un masque qui occultera votre visage et étouffera votre voix.

A l’issue de cette première phase, seulement six d’entre vous seront retenues par le Prince pour participer à la seconde phase.

Cette seconde phase aura lieu demain : les six prétendantes restantes seront alors présentées au Prince à visage découvert, vêtues d’une légère robe de soie. Le Prince pourra alors arrêter son choix final en désignant celle qui présente la beauté la plus désirable à ses yeux.

La phase des entretiens sera anonyme, c’est pour cela que je vous demanderai, mesdemoiselles, de piocher dans cette urne un jeton en cuivre marqué d’un numéro. C’est ce numéro qui vous identifiera lors de l’entretien. »

Les prétendantes s’exécutèrent ; Chloé tira le numéro 8 et Marie le numéro 12.

« Je déclare la finale du grand concours impérial ouverte » clama la préceptrice.

Une à une, les vingt prétendantes furent appelées par leur numéro, accoutrées pour l’entretien et guidées jusqu’à un salon des appartements impériaux. On arriva au numéro 8, Chloé. La préceptrice remarqua le paquet que la jeune fille tenait entre ses mains : « Pas de cadeaux pour le Prince ou l’Impératrice, c’est la règle de ce concours, laissez cela ici ! »

Chloé se tourna alors vers Marie qui été restée prés d’elle : « Tiens, je te confie ce précieux paquet, je le récupérerai tout à l’heure, quand tous cela sera fini. »




3 – Le grand concours

Le prince Constantin, qui venait d’avoir 18 ans, était assis à la droite de sa mère dans un petit salon de réception des appartements impériaux. Si la perspective d’un mariage avec la fille la plus belle et la plus sage de l’Empire l’avait excité dans un premier temps, la lourde procédure orchestrée par sa mère commençait à lui peser.

Depuis des heures il voyait défiler des pyramides informes de tissus bariolés qui étaient sensées être ses prétendantes, qui répondaient poliment et doctement aux questions très sérieuses de sa mère, comme si elles avaient appris une leçon par cœur. Et dire que sur vingt prétendantes, on en était seulement à la septième !

La huitième prétendante entra dans le salon. Le Prince ressenti quelque chose de différent, qu’il eut du mal à identifier tout de suite. Il compris que c’était un parfum qui envahissait petit à petit le volume de la pièce. Un parfum suave et pénétrant, possédant des aspects à la fois rassurant et intriguant, un parfum de force et de douceur mêlées, un parfum unique.

L’impératrice Irène commença à questionner la prétendante numéro 8, c’est-à-dire Chloé. La servante de l’apothicaire était une fille du peuple qui n’avait pas reçu une grande instruction. Cependant, elle répondit aux questions avec son bon sens et sa sensibilité. Ses idées politiques, certes naïves, étaient pleines d’idéalisme et de générosité, ses idées religieuses étaient pures et tolérantes, et l’ensemble de ses réponses laissait deviner un petit esprit frondeur plein de charme et de piquant.

Le jeune prince fut conquis par le discours simple et sincère de Chloé, il fut séduit par son humour et ses petites touches d’impertinence, auxquelles il n’était pas habitué. Constantin était sous le charme, et pour la première fois de la journée, un large sourire éclairait son visage juvénile.

Finalement, la suite de la journée passa vite pour le jeune prince qui était perdu dans ses pensées, qui tournaient toutes autour de la prétendante numéro 8 qui avait déjà conquis son cœur. Il faut avouer que les pyramides de tissus savantes qui suivirent n’eurent pratiquement aucune attention de la part de Constantin.

A l’issue des entretiens, l’Impératrice s’adressa à son fils :

« Mon bien aimé fils, comme tu le sais, seul ton bonheur m’importe, c’est donc à toi seul, sans aucune influence, que revient le droit de désigner les six prétendantes qui continueront le concours ! »

On fit venir un greffier et Irène continua « Nous t’écoutons mon fils ! »

Constantin prit la parole d’une manière solennelle : « Je distinguerai la prétendante numéro 8, ainsi que… »

Un silence s’installa.

« Ainsi que ? » relança l’Impératrice d’un ton mielleux qui cachait l’agacement

« Heu…oui… la numéro 3, la numéro 10 et… heu… la 14, 17 et 19 » termina laborieusement le Prince.

Le lendemain se déroula donc la deuxième phase du concours. Dans un grand salon richement orné, l’Impératrice Irène et le Prince Constantin siégeaient sur une haute estrade, entourés d’une partie de leur cour. Le six dernières prétendantes firent leur entrée dans le salon. Elles étaient vêtues d’une simple et élégante robe de soie blanche qui mettait en valeur la grâce de leur silhouette juvénile. Les six jeunes filles étaient toutes d’une beauté renversante.

Le prince Constantin était un peu nerveux : il lui fallait impérativement découvrir qui était la numéro 8 parmi ces six beautés, car elles se présentaient sans numéro cette fois.

Selon le protocole, les jeunes prétendantes devaient s’avancer une par une à trois pas face au siège du Prince, puis exécuter une élégante révérence.

Lorsque l’une des jeunes filles, une brune à l’air sage, fit sa révérence, cela créa un léger déplacement d’air en direction du Prince. Immédiatement, Constantin jubilait intérieurement « Mais bien sûr ! C’est ce parfum unique ! Ce doux et merveilleux parfum qui m’avait tant troublé hier ! Voilà la numéro 8, je l’ai trouvé ! »

Le dénouement du grand concours impérial était proche. Toujours selon le protocole établi, le Prince Constantin s’avança plein d’émotions parmi ses prétendantes, pris la main de celle qui venait de choisir, la jolie brune sage qu’il ne connaissait que comme la numéro 8, et la fit asseoir sur un siège vacant de l’estrade impériale, sous les applaudissements de la cour.

Dès le lendemain, des émissaires furent envoyés sur les routes de l’Empire pour répandre la nouvelle : le Prince Constantin avait choisi sa future épouse, Marie d’Amnia, petite fille de Philarètre, le marchand arménien.

???


(A suivre...)

dimanche 27 décembre 2009

Le Parfum de l'Impératrice d'Orient

Conte byzantin et parfumé

Prologue


Il était une fois une souveraine fort belle et fort puissante qui régnait sur l’un des plus formidables empires de l’histoire des civilisations. Il s’agit d’Irène l’Athénienne, veuve de l’empereur Léon IV, mère de Constantin, impératrice à Constantinople, souveraine de l’Empire Byzantin.


Un beau jour, Irène déclara : « Le Prince Constantin, mon fils et futur empereur, est en age de prendre femme. Je ne désire que son bonheur, aussi je veux lui trouver une jeune femme parée de toutes les qualités d’esprit, d’intelligence, de cœur et de beauté. C’est pourquoi je désire organiser un concours à l’échelle de tout l’empire afin de sélectionner cette jeune femme qui deviendra la future impératrice. »


Aussitôt, la puissante administration byzantine fut mise en branle : des émissaires sillonnèrent l’empire munis de parchemins indiquant de manière précises les critères de sélection dictés par l’impératrice : age, taille, poids, couleur des yeux et des cheveux, mais aussi niveau d’instruction et origine sociale. Ces fonctionnaires étaient chargés de sélectionner des prétendantes.



1 - Le vieil apothicaire et sa belle servante


Le vieil Hypatios était l’apothicaire le plus réputé de Constantinople. Ses remèdes, potions et onguents étaient fort prisés ; mais sa renommé venait principalement de ses talents de parfumeur : il créait pour ses riches clients de nombreux produits parfumés : huile pour le corps et les cheveux, sachet pour le linge, mélange de résine à brûler comme encens…


Depuis quelques mois, Hypatios avait pris à son service une jeune servante prénommée Chloé. C’était une jeune fille de seize ou dix-sept ans, à l’esprit vif et au caractère enjoué. La jeune Chloé ne manquait pas aussi de se faire remarquer pour sa grande beauté, malgré ses modestes tenues de servantes : une silhouette élancée, une démarche souple et énergique, un visage aux traits réguliers orné de grands yeux verts et d’une abondante chevelure brune et bouclée.

Chloé était employée à diverses tâches au service de son maître : le ménage et le rangement de la boutique et du laboratoire, mais aussi les livraisons dans la cité de Constantinople.


Un matin, Hypatios convoqua sa servante :

« Il existe une huile précieuse dont je détiens la formule secrète : le Parfum de l’Impératrice d’Orient. Cette fragrance exceptionnelle se compose des extraits de rose les plus suaves, des extraits de jasmin les plus capiteux ; elle comporte aussi du musc apporté d’Extrême-Orient par les caravanes de la route de la soie ; du calamus, de l’encens et de l’ambre gris achetés à prix d’or aux marchands du Nil et bien d’autres composants encore. Ce parfum possède un pouvoir de séduction sans pareil : on prétend que c’est avec quelques gouttes de cette composition dans les cheveux que la modeste comédienne Théodora parvint à séduire le grand Empereur Justinien il y a maintenant plus d’un siècle.

Le Parfum de l’Impératrice d’Orient est exclusivement réservé au Palais Impérial, or hier, un émissaire de la haute-intendance impériale m’en a commandé un flacon.

Toi, Chloé, tu va devoir livrer ce flacon aujourd’hui au palais. Mais il n’est pas question que tu t’y rende avec cet air et cette tenue de souillon : prend ce savon de Syrie et va faire une vigoureuse toilette ; ensuite je te prêterai une belle robe brodée en étoffe de soie qui appartenait à ma nièce et je te permettrai même d’user de quelques uns de mes produits pour farder ton visage. »


Une fois Chloé lavée, coiffée, habillée et fardée, Hypatios déclara : « Te voilà bien belle ma foi, et fort présentable pour aller livrer au palais. Exceptionnellement, je vais verser quelques gouttes du précieux Parfum de l’Impératrice d’Orient dans tes cheveux pour compléter ta parure. Ensuite tu prends ce paquet contenant le précieux flacon et tu files sans délai au palais impérial. »

Chloé fut presque étourdie par les effluves capiteuses du fameux parfum, elle ne s’était jamais sentie aussi belle que ce jour. Aussi, le visage radieux et le pas léger, elle s’en alla prestement au palais, son paquet sous le bras.


(A Suivre…)