dimanche 27 décembre 2009

Le Parfum de l'Impératrice d'Orient

Conte byzantin et parfumé

Prologue


Il était une fois une souveraine fort belle et fort puissante qui régnait sur l’un des plus formidables empires de l’histoire des civilisations. Il s’agit d’Irène l’Athénienne, veuve de l’empereur Léon IV, mère de Constantin, impératrice à Constantinople, souveraine de l’Empire Byzantin.


Un beau jour, Irène déclara : « Le Prince Constantin, mon fils et futur empereur, est en age de prendre femme. Je ne désire que son bonheur, aussi je veux lui trouver une jeune femme parée de toutes les qualités d’esprit, d’intelligence, de cœur et de beauté. C’est pourquoi je désire organiser un concours à l’échelle de tout l’empire afin de sélectionner cette jeune femme qui deviendra la future impératrice. »


Aussitôt, la puissante administration byzantine fut mise en branle : des émissaires sillonnèrent l’empire munis de parchemins indiquant de manière précises les critères de sélection dictés par l’impératrice : age, taille, poids, couleur des yeux et des cheveux, mais aussi niveau d’instruction et origine sociale. Ces fonctionnaires étaient chargés de sélectionner des prétendantes.



1 - Le vieil apothicaire et sa belle servante


Le vieil Hypatios était l’apothicaire le plus réputé de Constantinople. Ses remèdes, potions et onguents étaient fort prisés ; mais sa renommé venait principalement de ses talents de parfumeur : il créait pour ses riches clients de nombreux produits parfumés : huile pour le corps et les cheveux, sachet pour le linge, mélange de résine à brûler comme encens…


Depuis quelques mois, Hypatios avait pris à son service une jeune servante prénommée Chloé. C’était une jeune fille de seize ou dix-sept ans, à l’esprit vif et au caractère enjoué. La jeune Chloé ne manquait pas aussi de se faire remarquer pour sa grande beauté, malgré ses modestes tenues de servantes : une silhouette élancée, une démarche souple et énergique, un visage aux traits réguliers orné de grands yeux verts et d’une abondante chevelure brune et bouclée.

Chloé était employée à diverses tâches au service de son maître : le ménage et le rangement de la boutique et du laboratoire, mais aussi les livraisons dans la cité de Constantinople.


Un matin, Hypatios convoqua sa servante :

« Il existe une huile précieuse dont je détiens la formule secrète : le Parfum de l’Impératrice d’Orient. Cette fragrance exceptionnelle se compose des extraits de rose les plus suaves, des extraits de jasmin les plus capiteux ; elle comporte aussi du musc apporté d’Extrême-Orient par les caravanes de la route de la soie ; du calamus, de l’encens et de l’ambre gris achetés à prix d’or aux marchands du Nil et bien d’autres composants encore. Ce parfum possède un pouvoir de séduction sans pareil : on prétend que c’est avec quelques gouttes de cette composition dans les cheveux que la modeste comédienne Théodora parvint à séduire le grand Empereur Justinien il y a maintenant plus d’un siècle.

Le Parfum de l’Impératrice d’Orient est exclusivement réservé au Palais Impérial, or hier, un émissaire de la haute-intendance impériale m’en a commandé un flacon.

Toi, Chloé, tu va devoir livrer ce flacon aujourd’hui au palais. Mais il n’est pas question que tu t’y rende avec cet air et cette tenue de souillon : prend ce savon de Syrie et va faire une vigoureuse toilette ; ensuite je te prêterai une belle robe brodée en étoffe de soie qui appartenait à ma nièce et je te permettrai même d’user de quelques uns de mes produits pour farder ton visage. »


Une fois Chloé lavée, coiffée, habillée et fardée, Hypatios déclara : « Te voilà bien belle ma foi, et fort présentable pour aller livrer au palais. Exceptionnellement, je vais verser quelques gouttes du précieux Parfum de l’Impératrice d’Orient dans tes cheveux pour compléter ta parure. Ensuite tu prends ce paquet contenant le précieux flacon et tu files sans délai au palais impérial. »

Chloé fut presque étourdie par les effluves capiteuses du fameux parfum, elle ne s’était jamais sentie aussi belle que ce jour. Aussi, le visage radieux et le pas léger, elle s’en alla prestement au palais, son paquet sous le bras.


(A Suivre…)


2 commentaires:

  1. Je devine déjà la suite de cette histoire, et dans mon esprit le précieux parfum ressemble à s'y méprendre à feu Shalimar tel qu'il fut autrefois : Rose, jasmin, musc, encens, ambre gris...(manque juste la fameuse vanille de synthèse..gloups...mais tout de même...) La suite! La suite! La suite! ;o)

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Jeeks !
    La suite arrive très bientôt, en tout cas avant la fin de l'année ;-)

    RépondreSupprimer